Jouer

RÈGLES DU BLACK JACK

La table de Black Jack

Les joueurs (pontes) jouent contre le croupier autour d'une table en forme de haricot sur laquelle on peut lire en toutes lettres : « Black Jack gagne 3 pour 2 », « la banque tire à 16, reste à 17 » ou encore « assurance paie 2 pour 1 ». Ces phrases sibyllines ne doivent pas faire oublier que le but du jeu est des plus simples : il s'agit, pour chaque joueur, de réaliser un point de plus que le croupier, sans dépasser 21.

Le jeu se déroule ainsi :

Les joueurs misent, puis le croupier distribue une à une deux cartes à chaque participant. Les cartes sont distribuées à découvert et chacun peut lire les valeur faciales. Les cartes possèdent la même valeur qu'au 21. Elles sont extraites par le croupier d'un « sabot » constitué par 6 jeux de 52 cartes, soigneusement battues. Elles doivent naturellement être neuves ou sans la moindre marque.

Le croupier demande alors à chaque joueur s'il désire ou non une première carte supplémentaire. Lorsqu'un joueur a 15 points, par exemple, formés d'une « bûche » (Roi, Dame ou Valet) et d'un Cinq, le croupier dit sur un ton interrogatif : « carte à 15 ? ». Le joueur doit répondre immédiatement « carte » ou « pas de carte ». Le joueur reçoit des cartes jusqu'au moment où il dit « pas de carte » ou qu'il dépasse 21. Le croupier, qui lui se sert en dernier, est contraint de suivre la règle inscrite sur la table : « la banque tire à 16, reste à 17 ». Si le croupier a 16 points ou moins avec ses deux premières cartes, il est contraint de tirer au moins une carte supplémentaire. Par contre s'il a 17 ou plus, il lui est interdit d'en tirer une autre. La fin de la partie est ainsi réglée :

• le ou les joueurs qui gagnent d'au moins un point sur le croupier sans dépasser 21 reçoivent l'équivalent de leur mise (paiement à égalité) ;
• quand le croupier « saute » (dépasse 21), tous les joueurs qui n'ont pas dépassé 21 sont payés à égalité ; mais tout joueur qui « saute » perd immédiatement sa mise, même si le croupier dépasse lui aussi 21 ;
• le croupier ramasse bien sûr les mises des joueurs contre lesquels il gagne ;
• lorsque le croupier et un ou plusieurs joueurs sont à égalité de points, la mise du ou des joueurs est libérée : le joueur en dispose mais ne gagne rien ;
• si un joueur réussit le Black-Jack (21 en deux cartes) et que le croupier ne peut le faire, compte tenu de ses deux premières cartes, le joueur est payé dans le rapport 3 pour 2 (par exemple 15 francs pour 10 francs de mise) ;
• un Black-Jack est plus fort que 21 points réalisés avec plus de dix cartes.

A ces règles simples viennent s'ajouter l'« assurance », les paires et la double mise. L'assurance est une mise complémentaire qui permet à chaque joueur de se prémunir contre la réalisation d'un Black-Jack par le croupier lorsque la première carte que celui-ci s'est donné est un As. Le joueur qui désire s'assurer place une somme correspondant à la moitié de sa mise sur l'emplacement marqué « l'assurance paie 2 pour 1 ». Si le croupier tire 10 (un dix ou une figure) comme deuxième carte, il fait Black-Jack. Il ramasse alors toutes les mises mais doit payer les assurances à raison de 2 francs pour 1 franc. Ainsi le joueur qui s'est assuré n'a rien perdu. Si le croupier ne fait pas Black-Jack avec sa deuxième carte, il ramasse les assurances et la partie continue. Quand un joueur reçoit deux cartes de même valeur, il peut demander à les séparer. Les jeux sont alors traités séparément. Au préalable, il devra déposer l'équivalent de sa mise initiale devant son nouveau jeu. En cas de victoire, il ne sera payé qu'à égalité. La double mise, quant à elle, fait brusquement monter le suspense autour de la table. Un joueur peut doubler sa mise si la somme des points de ses deux premières cartes est 9, 10 ou 11. En contrepartie, il n'aura droit qu'à une seule carte supplémentaire. Le croupier la disposera en travers des cartes précédentes pour le signaler, si toutefois le joueur la demande.

Le Black Jack mérite bien son appellation de jeu de semi-hasard. Les deux premières cartes sont en effet le fruit du plus pur hasard, mais la suite du jeu dépend partiellement du comportement du joueur et du calcul du risque qu'il prend s'il demande une carte alors qu'il a dépassé 11. Le joueur qui, systématiquement, ne tire pas à 12 ou 13 est condamné par excès de prudence. Le croupier est en effet contraint de tirer à 16. Le croupier gagnera à chaque fois qu'il réalisera entre 17 et 21 et perdra en sautant 21.
L'expérience montre que le croupier ne sautera en moyenne que 28 fois sur 100. Mais, d'autre part, le joueur perd s'il saute, même si le banquier fait de même. Ce qui doit inciter le ponte à une certaine prudence. En fin de compte, comme toujours, le jeu promet de substantiels gains à la banque. Aussi le joueur doit-il s'enhardir à toujours demander une carte à 12 et souvent plus.